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Le fétichisme


Le fétichisme est un comportement sexuel qui confère à un objet particulier ou une partie du corps un pouvoir érotique. Il regroupe les comportements sexuels qui font usage d’objets pour stimuler l’excitation et la satisfaction sexuelle.  Le fétichisme peut être partiel : la fixation se porte sur une partie du corps : jambes, pieds, chevelure, fesses, poitrine, nombril mais elle peut se rapporter à des vêtements (chaussure féminine, sous-vêtement, mouchoir, gants...) ou à une sensation (une odeur, une qualité tactile). Le fétichiste a donc besoin de contempler ou d’imaginer l’objet ou la partie du corps pour obtenir l’érection et la satisfaction sexuelle. L’érotisme du pied n’est plus à démontrer.  L’écrivain allemand, Goethe, par exemple, avait une vénération pour ceux de sa femme. Le « footjob » a ses adeptes depuis longtemps. Il existe aussi une variante avec les adorateurs du gros orteil. Dans l'absolu, n'importe quel objet peut satisfaire le fétichiste, dès lors qu'il devient incontournable à la satisfaction de son désir. Cependant, il s'agit la plupart du temps d’objets inanimés et de matériel évoquant directement les femmes ou leurs organes génitaux (lingerie, chaussures…). Le fétichisme se rencontre plus chez les hommes mais cette pratique concerne de plus en plus les femmes et est très présente dans leurs fantasmes.

Le terme « fétiche », introduit en France en 1760 par Charles de Brosses, ethnographe et linguiste, dérive du portugais feitico et signifie « poupée, objet-fée, maléfice ». Les hommes et les femmes utilisent les fétiches comme instruments dans leur recherche du plaisir sexuel mais aussi comme objets de fantasmes. Le fétiche peut être un objet (vibrateur, ceinture de chasteté), un comportement (ramper devant le partenaire, dire des vulgarités), un ornement (talons hauts, lingerie sexy, maquillage, costume), une partie du corps (pieds, mains, ventre, seins, nombril, nuque), finalement n´importe quelle chose capable de provoquer l´augmentation du plaisir sexuel d´une personne.

De nombreux fétiches sont des prolongements du corps, comme les vêtements ou les chaussures. La texture particulière d’un matériau comme le caoutchouc, le plastique ou le cuir peut aussi jouer un rôle de fétiche. Le choix du Dress Code se fait en fonction de significations précises : par exemple,  si vous portez des cuirs plutôt doux, souples et colorés, cela ferait ressortir votre sensualité, une forme de soumission, si au contraire vous portez des cuirs épais de couleur sombre donc noirs, vous laisserez plus apparaître votre puissance, votre sadisme et votre besoin de dominer. La cravache, les bottes sont aussi des symboles de puissance et de sadisme. Les bottes atteignant les genoux reflètent le caractère sauvage, le sadisme et la domination. Que ce soit pour des jeux de domination poussée ou non, la bottine et les cuissardes correspondent chez l'homme qui en est amoureux à un désir d'être gouverné par la Femme. Certains amoureux des bottines ou cuissardes à lacets considèrent que la cheville ou le mollet lacés signifient au contraire que la femme accepte d'être ligotée, et libérée selon le bon plaisir de l'homme.  On se remémorera la scène fameuse où Célestine (Jeanne Moreau),  dans le « Journal d’une femme de chambre » de Luis Buñuel, doit, à la demande du père de son patron, ancien cordonnier, le laisser lasser ses bottines puis déambuler lentement pour lui permettre de s’exciter. Selon certains sexologues, le fétichiste chercherait à «réparer» la femme en lui faisant porter des hauts talons, symbole phallique. C’est la vision de la femme tout entière qui serait ainsi biaisée et rendue perverse.

Mais ils ne sont en fait pas tous du même avis quant aux causes du fétichisme sexuel. Certains avancent l'hypothèse que les hommes deviennent fétichistes parce qu'ils ont été en contact dans leur enfance avec un objet les ayant stimulé sexuellement. Cette théorie, dite de l'empreinte, considère que la première émotion sexuelle de l'individu resterait accrochée à la situation ou l'objet qui l'a provoqué. L'orgasme qu'il obtient la première fois est tellement intense qu'il cherche encore à le ressentir toute sa vie durant, sans jamais y parvenir autrement qu'avec l'objet ou la situation donnée.

D'autres sexologues estiment plutôt que le fétichisme sexuel tire son origine de l’angoisse de castration ; ce moment où, à l’émergence de la génitalité, l’enfant est confronté au danger de la castration. Cette castration étant comprise par certains dans un sens plus large que celui de Freud -  c’est-à-dire pas uniquement comme une angoisse devant l’absence de pénis -  mais comme l’interdit que pose un des deux parents dominateurs et castrateurs face aux désirs de l’enfant, sans possibilité pour lui d’investir ce désir dans le monde extérieur. Rappelons que pour Freud, le fétichisme est intimement lié à une peur profonde de la femme, et à la peur de la castration. Le fétichiste aurait donc peur du coït (concept métaphorique d’un vagin pourvu de dents symboliques, dévoreur de pénis) et utiliserait donc des objets ou des parties du corps de l’autre pour arriver à l’orgasme.

La castration au moment de la période œdipienne touche aussi bien la petite fille que le petit garçon. Le fétichiste s’éprend  donc d’un objet remplaçant l’être humain en tant qu’objet d’amour primaire. Par exemple, un fétichiste des seins ne peut jouir qu'en présence d'une femme aux seins volumineux.

Les fantasmes fétichistes sont très fréquents et ne représentent pas un trouble sauf quand s’ils conduisent à des rituels contraignants et inacceptables, perturbant les relations sexuelles et responsables d’une souffrance personnelle. Dans la majorité des cas, il s’agit pour les personnes de satisfaire une nécessité ou un désir, venant à l´esprit, une situation ou un objet, qui n´est pas ordinaire dans la vie sexuelle de celles-ci.

La chaussure semble être le fétiche symptomatique du fétichiste du corps.
Dans son dressing, Fabienne ne compte plus les paires de chaussures. « J’en ai tellement été privée dans mon enfance. La mère de ma meilleure amie avait des jambes magnifiques qu’elle mettait en valeur avec des talons aiguilles. Toute la ville la traitait de femme légère pour ne pas dire plus. Ma mère y compris. Quand j’allais chez elle, je respirais comme un parfum sulfureux. Sa démarche chaloupée me procurait toute sorte d’excitation. Résultat, je ne peux m’empêcher d’associer à tous mes fantasmes, la vision de chaussures hyper sexy, hyper provocantes. »
Mary-Jane, très timide, s’avouant même un peu coincée sexuellement, se voit « prise farouchement par son amoureux qu’elle humilie, armée d’une cravache, chaussées de cuissardes vernis noir et coiffée d’une perruque rousse. » Une façon pour elle d’assumer sa sexualité et de “s’érotiser” en prenant pour modèle l’archétype de la séductrice déguisée avec des accessoires fétiches.

Certaines attirances peuvent être surprenantes mais parfaitement compatibles avec une vie sexuelle épanouie. La gypsophilie entre dans la catégorie des paraphilies, terme qui désigne des pratiques sexuelles différant des actes traditionnellement considérés comme « normaux ». Les principales déviations et perversions sexuelles sont répertoriées dans les ouvrages de psychiatrie dont le DMS (Diagnostic Medical Systems)  qui fait référence en ce domaine.  Dans cette classification,   le fétichisme fait partie des déviations mineures et socialement non perturbantes dans la majorité des cas.

Ainsi, Cassandra confie sur le blog d’un psychothérapeute : « Depuis des années, je me surprends à rêver d’avoir une jambe plâtrée et de marcher en béquilles. Cela stimule ma sensualité jusqu’à faire naître des pensées érotiques. Pour moi, il n’y a rien de plus sensuel et attendrissant que de laisser ses orteils nus au bout d’un plâtre. En avouant cela, je ne pense pas faire preuve de cruatué ou de sadisme. Si j’imagine être plâtrée, je rêve de caresses douces et sensuelles, de jeux érotiques, également d’être noyée d’amour. »
On peut imaginer que ce fantasme du plâtre intervient de manière symbolique pour faire comprendre aux autres sa souffrance et son besoin d’être prise en charge par autrui. Le thérapeute auquel elle s’adresse l’imagine comme une personne ayant un abord froid et un peu masculin mais qui cache une immense sensibilité.

Dans les paraphilies exclusives, seule la paraphilie peut exciter celui ou celle qui en est doté, et seule la paraphilie peut mener cette personne à la résolution – c’est-à-dire au plaisir. L’objet prend la place du partenaire. Ces fantasmes créent une relation de dépendance et nécessitent un traitement approprié.

Les fantasmes sexuels naissent de notre capacité à créer des situations déterminées dans un monde imaginaire, pouvant quelquefois être vécues dans la réalité. Le passage à l’acte n’est pas toujours sans risque. Laura a exploré les limites des zones dangereuses. « Je suis allée progressivement au-delà de toutes mes convictions par amour pour mon mari. Il avait réussi à me persuader que s’il exigeait de plus en plus de moi, c’est parce que j’étais incapable de lui procurer du plaisir normalement. J’ai vécu des années une double vie : la journée, femme bourgeoise, le soir dominatrice en tenue SM, lui en tenue latex car c’était le seul moyen de le faire jouir disait-il.  En fait, il avait transposé sa propre impuissance sur moi et me disait que j’étais frigide. Cette posture de projection est fréquente chez les manipulateurs pervers m’a expliqué la thérapeute que je suis allée ensuite pour tenter de me reconstruire. »

Si la seule attirance ou le fantasme paraphilique n’est généralement pas condamnable dans les sociétés modernes, surtout en Occident, les actes que peuvent induire certaines paraphilies sont souvent réprimés par la loi.

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