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L'amour avec une autre femme


L’homosexualité féminine est l’un des fantasmes les plus assumés chez les femmes mais passer le cap n’est pas toujours chose facile. Quand une femme fantasme de faire l'amour avec une autre femme, faut-il forcément y voir une homosexualité refoulée ? Absolument pas. Ce fantasme signifie simplement que l'on se sent bien avec le même sexe que soi, et que l'on a envie de douceur, de sensualité, de complicité. L'homosexualité féminine est une orientation sexuelle, et non le fait de relations physiques entre deux femmes. Fantasmer d'avoir des relations sexuelles avec une autre femme ,sans jamais avoir fait le saut dans la réalité, ne fait pas forcément de vous une homosexuelle. On doit le voir davantage comme une exploration que l'on rend possible dans nos fantasmes. Rien ne signifie qu'on veut changer « de clan » mais qu'on expérimente, dans nos fantasmes, une autre forme de sexualité. auprès d'une femme censée nous ressembler et nous comprendre.

Cathy, 29 ans, qui s’affirme "hétéro pure et dure" fantasme parfois sur les femmes. Pourtant, "rien de sexuel à cela" affirme-t-elle. Vraiment?  Elle déclare tout de go: "C'est vrai que je fantasme parfois sur les lesbiennes. Pourtant je ne pense pas l'être puisque les femmes que je rencontre tous les jours ne m'excitent pas du tout. Seules celles qui sortent de mon imagination me font de l'effet." Et à quoi ressemblent ces femmes? "Elles ont souvent de très gros seins et de longs cheveux clairs. Dans mes scénarios, elles sont toujours très douces et attentionnées. Elles me demandent de les toucher, m'encouragent à les caresser et m'initient ainsi tout doucement aux pratiques lesbiennes.” Alors, homosexuelle, Cathy?

En fait, les femmes sont souvent vues comme des créatures douces, gentilles, aimantes, et romantiques, ce qui n'est pas la façon dont sont perçus généralement les hommes. Il se peut qu'une femme désire cela dans sa vie sexuelle. Elle peut penser qu'étant donné qu'une femme a la même anatomie, elle sera une meilleure amante et plus adaptée à ses besoins. Même si une femme n'est pas attirée sexuellement par une autre femme, elle peut être attirée par ses qualités "féminines". L'intimité physique femme/femme est, dans une certaine mesure, socialement acceptable, du moins quand elle n'amène pas à l’exclusion.
 

Cathy semble davantage à la recherche d'une "mère" que d'une véritable partenaire". Symbole maternel par excellence, l'image des gros seins est d'ailleurs assez révélatrice. Chez elle, son fantasme ne semble pas vraiment assumé puisqu’elle souhaite être “initiée”. D’ailleurs, dans le scénario le plus classique, c'est toujours une femme qui vous a entraînée dans ce rapport sensuel, et vous avez succombé. Il ne s'agit donc pas d'homosexualité active, ce qui peut être psychologiquement dérangeant, mais d'homosexualité passive, ce qui est plus facilement tolérable. 5% des femmes interrogées rêveraient de découvrir l'amour avec une autre femme dans ces conditions.

La psychologue américaine Nancy Friday note dans ses observations cliniques que : "Chez celles qui redoutent secrètement de se voir étiquetées "lesbienne" à cause de telles fantasmes, l'anxiété se dissipe comme par magie lorsqu'il est clair que l'autre femme est l'agressive initiatrice, celle qui est aux commandes". L'honneur est sauf!

En effet, force est de constater que hommes et femmes ne sont pas égaux devant leurs penchants homosexuels. Avec l'approbation de la société, deux femmes peuvent s'embrasser quand elles se retrouvent, marcher bras dessus/bras dessous, se laver mutuellement les cheveux, se huiler réciproquement le dos sur la plage, etc. Les femmes sont donc bien plus à l'aise sur le sujet.

Différentes enquêtes confirment l’intérêt des femmes pour d’autres femmes. Si les deux tiers des hommes interrogés souhaitent voir deux femmes faire l’amour, c’est aussi le cas du tiers des répondantes. Encore plus étonnant?: coucher avec deux femmes à la fois n’est pas un fantasme strictement masculin, puisque le quart des répondantes rêvent d’un tel trio. Malheureusement, il est impossible de savoir combien sont passées à l’acte?. Ces données n’étonnent pas le sociologue de la sexualité Michel Dorais, de l’Université Laval au Canada. «?Deux femmes ensemble, c’est considéré comme de l’érotisme. On en voit dans presque tous les films pornos. Mais deux hommes ensemble, c’est une autre histoire?!?» s’exclame-t-il.
Ce que confirment les hommes tels que Marc : « N’importe quand ma chérie! Et si je ne peux pas toucher, j’espère au moins avoir la chance de regarder! C’est tellement beau deux femmes ensemble! ».

La femme avec qui vous partagez ce scénario voluptueux n'est souvent que vous-même. Une invitation à mieux connaître votre corps et ce qui lui fait ( vraiment) plaisir !
En fait, cette attirance pour le même  est un rite de passage qui marque l’entrée dans l’adolescence. Période où la toute jeune fille a besoin de se sécuriser sur son pouvoir de séduction, de tester son attractivité sexuelle. Le roman « Olivia » de l’anglaise Dorothy Bussy, décrit minutieusement les premiers émois d’une jeune élève amoureuse de son enseignante de français. Ce classique de la littérature lesbienne est dédié à la romancière Virginia Woolf, elle-même très sensible à la beauté féminine.
Cette attirance pour le même sexe peut aussi être liée à une espèce d’interrogation sur la réalité de notre identité physique et psychologique et la perception qu’en a notre entourage. Brune ou blonde, actrice confirmée ou en mal de reconnaissance, le film « Mulholland Drive » de David Lynch pose ces questionnements au travers de la relation amoureuse ambiguë de deux femmes que tout oppose.  La fusion de ces deux personnalités se terminera par la mort des deux protagonistes. Là-aussi, rêve ou réalité…

Ce plaisir peut aussi rejaillir sur votre intimité de couple. Dorine confie « Une fois, je suis allé dans un sauna avec une amie qui, je pensais, avait des tendances lesbiennes. Ce qui s’est passé m’excite toujours. Mes seins et mon clitoris deviennent fermes rien qu’en y pensant. Nous nous sommes toutes les deux déshabillées, avons posé nos serviettes autour de nous et nous sommes allées à l’intérieur. Il y avait déjà là une autre femme qui, allongée sur le dos, nous montrait tout. Quand elle est partie, ma copine défit sa serviette et s’étendit sur le dos. C’était la première fois que je la voyais nue et la façon dont elle parlait me fit bientôt me sentir sexy. [...] Elle se leva, vint vers moi et commença à masser mes jambes. Je la laissais faire. Peu après ses mains étaient partout sur moi. Elle me demanda de retourner à son appartement pour prendre un thé, et dit que si je le voulais, elle pourrait me terminer. Une fois chez elle, elle me déshabilla et me donna un plaisir bien plus satisfaisant. Elle lécha et suça mes seins et descendit entre mes jambes pour me faire un cunnilingus (mieux que mon mari). Je pouvais la sentir en train de sucer mon clitoris, et rien que le fait de sentir ses seins a suffi à me faire jouir au moins deux fois. Je pense souvent à cela et après, je fais passer à mon mari un bon moment. » Fantasme ou réalité… peu importe puisque Dorine en fait largement profiter son compagnon.

Rosa pousse le “raisonnement” encore plus loin. “Faire l’amour avec une femme c’est faire l’amour avec quelqu’un qui nous ressemble, qui connaît notre corps et ses désirs voire avec nous-mêmes. Cela se pimente quand c'est en présence d'un homme, car on lui fait passer le message : " Tu vois, je peux me passer très bien de toi.”  Sa virilité risque d’en prendre un coup.
Mais le passage à l’acte, n’est pas toujours couronné de succès.  C’est le cas de Sophie. «Je me demandais si mon désir presque obsédant de faire l'amour avec une autre femme cachait une homosexualité latente. Pour en avoir le coeur net, j'ai publié une annonce dans un journal: “Fille cherche compagne pour le plaisir.” J'ai couché avec la première qui m'a répondu! Elle ne m'attirait pas beaucoup, mais elle était si déterminée. Elle m'a invitée chez elle et on s'est retrouvées sous les couvertures en moins de deux. C'est elle qui a initié toute l'action; moi, j'étais plutôt passive, moyennement excitée. J'en étais presque déçue! J'aurais tant souhaité que la réalité soit à la hauteur de mon fantasme. » Pour Sophie, ce n’est que partie remise puisqu’elle avoue être prête à renouveler l’expérience avec une fille qui « me plaira vraiment cette fois.» Avis aux amateurs.

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